Christophe CaiazzoHypnothérapie & Préparation mentale

29 juillet 2026

Nage en eau libre, running, trail : et si le vrai besoin, c’était de se dépasser ?

La nage en eau libre explose, le running n’a jamais compté autant d’adeptes, et les plus de 40 ans sont en première ligne. Simple effet de mode, ou besoin profond de se dépasser ?

Nage en eau libre, running, trail : et si le vrai besoin, c’était de se dépasser ?

Chaque été, sur les plages de Marseille, la scène se répète au petit matin : des dizaines de silhouettes en combinaison entrent dans l'eau et filent vers le large. Au même moment, ailleurs en ville, d'autres lacent leurs chaussures et partent courir avant que la chaleur ne tombe. Deux disciplines, deux éléments — l'eau et le bitume — mais un même élan. Et une même question, que j'entends souvent au cabinet : qu'est-ce qui pousse autant de gens, souvent passé quarante ans, à aller chercher l'effort long, parfois la souffrance, alors que rien ne les y oblige ?

Deux sports qui explosent, un même souffle

Les chiffres donnent le vertige. En France, près de 12,5 millions de personnes courent — un adulte sur quatre. En 2024, les lignes d'arrivée ont enregistré 2,96 millions de finishers, soit +27 % en un an. Le trail, longtemps réservé à quelques initiés, a franchi le cap du million de finishers, contre un peu plus de 550 000 il y a dix ans.

La nage en eau libre suit exactement la même courbe. On estime aujourd'hui à environ 400 000 le nombre de pratiquants en France, et l'engouement s'est nettement accéléré depuis 2020. Là où l'on ne voyait que des piscines, on voit désormais des nageurs traverser des lacs, des rivières, des baies entières.

Deux sports d'endurance, deux publics qui grossissent au même rythme. Ce n'est pas un hasard : c'est le signe que quelque chose de plus profond est à l'œuvre.

Marseille, vitrine de cet engouement

Ici, nous avons un observatoire idéal. Chaque mois de juin, le Défi de Monte-Cristo rassemble plus de 11 000 nageurs venus de 65 pays, au départ du Château d'If jusqu'aux plages du Prado. C'est devenu le plus grand rassemblement de nage en eau libre au monde. Et surtout, ce n'est pas qu'une affaire de champions : à côté du mythique 5 km réservé aux nageurs aguerris, des formats de 2 et 2,5 km ouvrent l'épreuve à des amateurs de tous niveaux.

Ce mélange dit tout de l'époque : on ne vient plus seulement regarder l'exploit, on vient le vivre, à sa mesure.

Cet engouement, je l'ai vécu de l'intérieur. Pendant huit ans, j'ai co-organisé le MC Swim Challenge, le Marseille-Cassis à la nage : une épreuve d'ultra longue distance, jusqu'à 25 km pour son ultime édition cette année, après des formats de 18 puis 10 km les saisons précédentes. Les inscriptions partaient en un éclair — la preuve que l'appétit pour l'effort long ne faiblit pas. Et l'esprit de l'épreuve résume bien ce qui se joue : se dépasser, oui, mais aussi pour une cause. Au fil des éditions, l'aventure a permis de récolter près de 400 000 € au profit d'enfants atteints d'un cancer. Le dépassement, quand il a du sens, devient contagieux.

Et souvent, ils ont plus de quarante ans

Contrairement à l'idée reçue, ces disciplines exigeantes ne sont pas l'apanage des plus jeunes. En trail, la tranche d'âge la plus représentée est celle des 40-49 ans. Ce sont eux, les plus nombreux sur les sentiers comme dans l'eau froide.

Ce n'est pas illogique. Passé quarante ans, on n'a plus l'explosivité de ses vingt ans — mais on gagne en endurance, en stratégie, en résilience. Et surtout, on arrive souvent à un moment de vie où la question n'est plus « jusqu'où puis-je aller ? » mais « qui suis-je encore capable de devenir ? ». Le corps devient alors un terrain d'exploration, pas seulement de performance.

Mode ou fait de société ?

C'est la vraie question. Et je crois que réduire ce phénomène à une mode serait une erreur.

La philosophe Isabelle Queval a montré, dès 2001, que le dépassement de soi est devenu une figure centrale du sport contemporain : une manière, pour l'individu, de donner du sens à son existence. Dans un monde d'écrans, d'immédiateté et de tâches abstraites, l'effort physique offre quelque chose de rare — du réel, du concret, une frontière que l'on peut repousser de ses propres forces.

Nager vers une île, franchir une ligne d'arrivée après trois heures d'effort, ce n'est pas seulement « faire du sport ».

C'est se prouver qu'on est vivant, qu'on tient debout, qu'on a encore prise sur soi.

À cet égard, l'essor de l'eau libre ou la résurrection du trail ne sont pas des tendances passagères : ce sont les symptômes d'un besoin profond, presque anthropologique.

Le vrai moteur : se dépasser, quel que soit le sport

C'est là le cœur de l'affaire. Peu importe, au fond, que l'on choisisse la course, la nage, le vélo ou l'escalade. Le dénominateur commun n'est pas la discipline : c'est le besoin de déplacer sa propre limite.

C'est ce besoin qui explique pourquoi certains sports émergent et d'autres renaissent. On ne cherche plus seulement à « faire de l'exercice » : on cherche un cap, un défi qui a du sens, une aventure qui nous transforme. Le sport devient un langage pour dire quelque chose de soi.

Se dépasser, oui — mais avec la tête

Il y a pourtant un revers, qu'Isabelle Queval pointait déjà : à trop vouloir se dépasser, on peut se blesser, s'épuiser, et finir par abîmer ce que l'on cherchait justement à préserver — sa santé, son équilibre.

C'est précisément là que se joue la préparation mentale. Car le mur du marathon, l'eau noire et froide du large, la peur qui monte avant le départ, le doute au milieu de l'effort : tout cela se travaille. Fixer un objectif juste, apprivoiser la peur, gérer la douleur et la fatigue, rester concentré, et savoir rebondir quand le corps proteste — voilà ce qui sépare un dépassement qui grandit d'un dépassement qui casse.

Se dépasser, ce n'est pas serrer les dents jusqu'à la rupture. C'est apprendre à dialoguer avec soi-même pour aller, sereinement, un peu plus loin qu'hier.

Et vous ?

Que vous prépariez votre première traversée, votre premier trail, ou simplement l'envie de repousser une limite qui vous tient à cœur, ces outils sont faits pour vous — exactement comme pour un athlète de haut niveau. C'est ce que je propose au cabinet, à Marseille ou en visioconférence : construire, ensemble, votre entraînement mental, adapté à votre discipline et à votre objectif. Pour aller plus loin, découvrez mon accompagnement en préparation mentale du sportif.

Envie d'aller chercher, sereinement, votre prochain dépassement ? Prenez rendez-vous : la première séance sert à définir ensemble votre objectif.

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La première séance sert à définir ensemble votre objectif — au cabinet à Marseille ou en visioconférence.

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Se dépasser dans le sport amateur : mode ou besoin ?